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mardi 5 janvier 2016

les «maîtres»

Un saut de puce à Paris, l'occasion pour Christina et moi d'aller voir la collection Hahnloser au Musée Marmottan.
Les Hahnloser sont des mécènes et collectionneurs suisses. Les impressionnistes, post-impressionnistes et quelques autres. Des toiles du vingtième siècle, dont la collection voyage ces-temps-ci de par le monde, faute de pouvoir être exposée à la Villa Flora, demeure familiale à Winterthur. Après Berlin, Paris, donc.
Cela a-t-il un sens pour un artiste, au 21ème siècle, de regarder, voire étudier, des oeuvres faites avant même sa naissance ? Ces tableaux sont-ils des  pierres tombales des musées -cimetières de l'art, comme les appellent parfois nos contemporains ?

Pour ma part, ces oeuvres sont des objets humains, porteurs de beauté, souvent, de sens, parfois, d'un état d'esprit, toujours. Ce sont donc des témoins spirituels et matériels de leur espace-temps. Je les contemple au même titre et avec la même joie que des peintures d'aujourd'hui, des fresques préhistoriques, des galaxies caressées par les comètes, ou un coucher de soleil réchauffant notre pollution...


Les «maîtres» ont toujours été soit vénérés soit conspués, selon que l'époque ait besoin de racine ou d'évlution.
Alors oui, contrairement à l'air qui tourne à vide dans l'atmosphère de mon temps j'ai envie de revisiter «les Maîtres», toutes époques confondues : Rubens, de la Tour, Turner, Bonnard et tous ceux qui pourraient croiser mon chemin au détour d'une cimaise. Ces gens-là connaissaient leur métier et peuvent donc beaucoup m'apprendre et je me plais beaucoup à croiser leur esprit qui, en son temps, me donnera une impulsion  créatrice et un fondement humain.
Un artiste minimaliste contemporain ?  un maître zen ?
simplement J.M.W. Turner, Boats at sea, 1830

A contemporary minimalist artist? a Zen master?
simply J.M.W. Turner, Boats at sea, 1830






Une petite traduction pour nos amis anglophones :
Christina à l'oeuvre...
A small translation for our English speaking friends:
Christina at work ...

English résumé

A short hop to Paris, the opportunity for Christina and me to go there to see the Hahnloser's collection at the Marmottan museum.
The Hahnloser are Swiss patrons and collectors. They collected the Impressionists, Post-Impressionists and some others. Paintings of the twentieth century. For the time being, the entire collection travels through the world, unable as it is to settle at the Villa Flora, in Winterthur, its family home. After Berlin, Paris, then.

Does it make sense for an artist of the 21st century, to watch or study, works anterior to his birth ? Are these pictures some sort of gravestones, placed in our art cemetary the so-called museums by some of our contemporaries ?

For me, these works are human objects, carriers of beauty, often, of sense, sometimes, of state of mind and spirit, always. They are spiritual and material witnesses of their time and space. I contemplate them with the same joy and respect than paintings of nowadays, prehistoric frescoes, galaxies lapped by comets or a sunset warming up our pollution…

"Masters" have always been either revered or reviled, depending on whether the time needs root or évolution.
So yes, unlike the air spinning in the hollow atmosphere of my time I want to revisit the "Masters" of all times : Rubens, de la Tour, Turner, Bonnard and some others who could meet my path turning a chair rail. These guys know their stuff and can teach me so much and I like the idea to cross their mind that, in its time, will give me a creative impulse and a human basis.

samedi 5 décembre 2015

Logique et bio

Produire des œufs au XXIe siècle est-il plus ou moins naturel que de fabriquer du méthylcellulose à partir de sciure de bois ?
Utiliser une tempera à l’œuf - lorsqu’on n’a pas de poule pondeuse - est-il plus biologique que de faire une tempera au méthylcellulose ?
La réponse est devenue si peu évidente que j’en viens presque à espérer que les essais au méthylcellulose fonctionneront au moins suffisamment bien pour que je puisse encoller mes bleus et mes blancs avec lui plutôt qu’au jaune d’œuf (qui altère toujours légèrement la couleur).
Autre problème. Lorsque l’on travaille a la tempera, il arrive qu’il soit nécessaire d’obtenir une couche irréversible, autrement dit insoluble à l’eau. Pour ce faire, on recommande habituellement un ajout de vernis Dammar. Sachant qu’il était produit en monoculture intensive, je m’étais toujours abstenu de l’utiliser.
gomme de prunus, Capaplex, résine Dammar
Mais puisqu’il existe désormais en culture “responsable”, alors je me ferai une joie d’y avoir recours, au vu des réelles difficultés liées à l’obtention et à l’utilisation de la gomme de prunus, qui demande de toute façon un traitement chimique pour devenir insoluble (albumine + formol, ev. alcool).
Enfin, il existe depuis des décennies un liant vinylique, utilisable en phase aqueuse, et qui devient irréversible après séchage : Caparol et Capaplex.
Pourquoi pas ?
Je décide de faire l’essai : je me procure de la résine Dammar, du méthylcellulose, et également du Capaplex, qui est (en gros) du Caparol dilué, protégé par des agents bactéricides (le Caparol est aussi sensible que le jaune d’œuf !).

En utilisant judicieusement ces trois produits, je devrais réussir à obtenir des couches faciles à travailler et des couleurs proches des pigments que j’utilise.

méthylcellulose : mélange à la main et au batteur électrique
Le méthylcellulose semble peu évident à mettre en œuvre : il absorbe jusqu’à 25x son volume d’eau et ceci très rapidement ! Il faut donc trouver le meilleur moyen de mélanger la poudre et l’eau… mais il semble qu’un peu de patience sera la solution (il est recommandé de laisser reposer la préparation quelques heures avant l’emploi).
Quant à la résine Dammar, les recettes ne manquent pas. J’utiliserai l’essence de thérébentine à 2 volumes pour 1 de résine broyée, ce qui permettra une utilisation la plus large possible (additif et vernis).
Voilà, c’est tout pour ce petit article purement technique cette fois-ci !

 Et voici la version anglaise de Christina :
And here is the English version of Christina :

English Résumé

Producing eggs in the twenty-first century is it more or less natural than manufacturing methylcellulose from sawdust?
Using egg tempera – when one does not raise hens- is it more biological than making a tempera using methylcellulose ?
The answer is so unreliable, I almost came to the hope that the test with the methylcellulose will function at least well enough for me to glue my blue and my white with it rather than with the egg yolk (which still produces slight change of colors).
Another problem. When working with tempera, it is sometimes necessary to acquire an irreversible layer, insoluble in water. To do this, an addition of dammar varnish is usually recommended. Knowing it was produced in intensive monoculture, I always refrained from using it. But since it is now obtainable in "responsible" culture, I'd be happy to recourse to it in view of all the difficulties associated with the obtention and use of gum prunus, which requires anyway a chemical treatment in order to become insoluble (albumin + formalin, ev. alcohol).
Thus, for decades, a vinylique binder does exist which is used during the aqueous phase, and becomes irreversible after drying : Caparol and Capaplex.
Why not ?
I decide to experiment it : I acquire some dammar resin, some methyl cellulose, as well as some Capaplex, which is basically the Caparol diluted and protected by bactericidal agents (the Caparol being as sensitive as egg yolk !).

By efficiently working these three products, I should get layers easy to work with and colors close to the pigments I use.

Methylcellulose does not seems obvious to implement: it absorbs up to 25x its volume of water and this very quickly !  I must find the best way to mix the powder and the water… but it soon appear that a little patience will be the solution (it is recommended to leave the preparation to stand a few hours before use).
As for the dammar resin, recipes abound. I will use turpentine for 1 to 2 volumes of ground resin, allowing the widest possible use (additive and varnish).
There, that's it for this small article purely technical this time !