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mardi 21 mars 2017

Les principes avant les personnalités

Les principes avant les personnalités

Lorsque je fréquentais un groupe d'amis avec lesquels nous échangions des propos très personnels, en toute franchise de la part de l'orateur, et en grand respect de la part des auditeurs. Nous avions tous accepté préalablement une sorte de règle : « Les principes avant les personnalités». Par «principe » nous entendions quelque chose de l'ordre du concept ; la morale ou la moralité n'avaient aucun droit de cité. Nous étions là pour redonner raison et vitalité à notre être, non pour passer un jugement.
Image 1 Turner "Le déclin de l'empire carthaginois" 1815

Le rapport avec la peinture ?

Je me suis rendu compte que dès le moment où je suis concentré sur le sens que je veux donner à ma peinture, il devient nuisible que des questions de style ou de communication me soient présentes à l'esprit. C'est le moment où seules les influences que j'assume peuvent ressurgir sur ma toile, qu'elles partagent avec mes intentions et mon énergie créatrice.
Pourtant, quelle force ont les conditionnements datant de l'enfance, de la scolarité, où je dois faire la preuve -contre sanction- que toute connaissance, sans que je l'aie demandée, m'a bien été  inculquée, enracinée et imprimée de manière aussi indélébile que possible. Ainsi les bénéficiaires profitant de la société gouvernante s'assurent-ils du profit  réalisé pour eux par le travail des masses bien éduquées.
Cela fonctionne bien, surtout si l'on dispose d'une certaine force dissuasive (police, armée, générations précédentes, contemporains "consentants"). Pareil pour les écoles d'art...
Je ne hisse pas le drapeau noir. Je cherche juste à montrer la puissance inconsciente à l'œuvre en moi sous le nom bien choisi de «surmoi».
Image 2 Turner "Snow Storm..." exh. 1844
C'est ainsi que naissent au pire les ratages, au mieux les «écoles» et les -ismes, tant il est vrai que l'humain vit en meute, se voit en l'autre, existe par absorption.

Ouvrons une parenthèse : “(“ 

Prenons Turner à titre d'exemple. Image 1 :Turner peint comme maître Claude → le 18ème  siècle applaudit, le 21ème soupire compassé ; image 2 : Turner peint ce qu'il a ressenti lors d'une tempête de neige, attaché au mât du vapeur Victoria → le 18ème  siècle se gausse, le 21ème  admire ; image 3 : Turner croque des sujets compensatoires et pornographiques (c'est long les voyages d'étude pour un mâle solitaire) → le 18ème  siècle les jette au bûcher, n'en gardant que quelques uns comme témoignages de sa dégénérescence sénile, le 21ème  admire, expose et montre la précocité de Turner annonçant Courbet (Origine du monde), Degas et d'autres, que prophétisait Fragonard !
Image 3" Femme nue allongée avec un bras derrière la tête"

Fermons la parenthèse “)”


Oui, nous sommes conditionnés, par notre nature grégaire d'abord et la culture dominante, pour colmater les parties manquantes et mettre une couche de vernis. On est alors bien poli.
C'est ainsi avant même notre naissance. Qu'y faire ? A chacun de voir ce qu'il veut pour lui-même, sachant que la liberté se paie bien souvent en monnaie de solitude, d'incompréhension, d'une renommée à peine tribale. Les réputés "fous” ont quant à eux un art propre que l'on dit brut, tant il ne ressemble à rien d'autre. De l’art brut à l'art des brutes… Je vous laisse la conclusion.

Ah ! les artistes maudits !

Maudits, vous croyez ? Peut-être ont-ils simplement réussi à vivre en dehors du système. Ce dernier n'a donc pas à en faire la promotion. Les meilleurs fruits n'ont pas besoin de passer à la télé pour être savourés. De même il y a l'artiste, l'œuvre, celles et ceux qui en profitent, à l'occasion d'une rencontre, au détour d'un repas ou d'une conversation. Ils sauront bien s’arranger entre eux sans commissaire-priseur (ne sont-ils pas impressionnants, élevés sur un piédestal, marteau de juge en main ?)
Seules les affinités individuelles seront gages de la valeur d'un tableau; aucune cote, pas de catalogue ni de battage médiatique. Le silence, l'émotion esthétique ou/et spirituelle. Le silence encore. Et puis l'entente et le transfert, peut-être momentané, de l'œuvre en d'autres lieux. Magnifique. On croit rêver.  Utopie. Utopie ? Peut-être pas. Rendez-vous d'ici à quelques mois, si vous le voulez bien. Je vous exposerai alors mon projet, sa concrétisation, sa réception. 
Merci de votre attention.
Image 1a Iinvitation 4 → académique

And now an english version by Christina :

Principles before personalities

When I frequented a group of friends with whom we exchanged very personal words, in total frankness the speaker, and with great respect from the auditors. We had all previously accepted a sort of rule: "The principles come before the personalities". By "principle" we meant something of the order of the concept; morale or morality had no place here. We were there to restore reason and vitality to our being, not to pass judgment.

The relationship with painting?

I realized that from the moment I am focused on the meaning I want to give a painting, it becomes detrimental that questions of style or communication be presented to my mind. It is the moment when only the influences that I assume can reappear on my canvas that they share with my intentions and my creative energy.
Yet what strength do the conditioning of childhood, the schooling in which I have to prove -against sanction- that all knowledge, without my having asked for it, has been well inculcated, rooted and printed in a way as indelible as possible. Thus beneficiaries profiting from the governing society make sure of the profit realized for them by the work of the well-educated masses.
It works well, especially if you have a certain dissuasive force (police, army, previous generations, "consenting" contemporaries). Same for art schools ...
Image 2a Invitation 9 → plus de ressenti


I do not wag the black flag. I am just trying to show the unconscious power at work within me under the well-chosen name of "superego."

Thus, at the worst, failures arise, at best the "schools" and the -isms, so much so that it is true that the human lives in a pack, sees itself in the other, exists by absorption.

Let's open the parenthesis "("

Turner painted as master Claude → the 18th century applauded, the 21st sigh compassed, image 2: Turner painted what he felt during a snowstorm attached to the mast of the steamer Victoria → the 18th century is gaussing, the 21st admires; image 3: Turner crunches compensatory and pornographic subjects (it's long study trips for a lonely male) → the 18th century throws them at the stake, retaining only a few as testimonies of his senile degeneration, the 21st admires, exposes and shows the precocity of Turner announcing Courbet (Origin of the world), Degas and others, prophesied by Fragonard!

Let's close the parenthesis ")"

Yes, we are conditioned. By our gregarious nature first and the dominant culture to clog the missing parts then and put a layer of varnish. We are then very polite.
It is thus even before birth. What to do? Everyone has to see what he wants for himself, knowing that freedom often pays for itself in money of loneliness, incomprehension, a hardly tribal fame. The reputed "crazy" have for their part an art which is so crude, so unlike anything else, from raw art to the art of brutes ... I leave you the conclusion.

Ah! The cursed artists!
Image 3b Invitation 8 → achevé en 3 reprises !

Cursed, you believe? Maybe they just managed to live outside the system. The latter does not have to promote it. The best fruits do not need to go on TV to be savored. In the same way, there is the artist, the work, and those who benefit from it, on the occasion of an encounter, in the course of a meal or a conversation. They will be able to arrange themselves between them without auctioneer (aren't they impressive, raised on a pedestal, judge's hammer in hand?)
Only individual affinities will guarantee the value of a painting; No ratings, no catalogs or hype. Silence, aesthetic and/or spiritual emotion. Silence again. And then the agreement and the transfer, perhaps momentary, of the work in other ties. Magnificent. We think we're dreaming. Utopia. Utopia? Maybe not. See you in a few months, if you will. I will explain my project, its concretization, its reception.

Thank you for your attention.

lundi 13 mars 2017

Rayons ou rayonnement ?

L'être ou le principe. Synonymes ?
C'est parfois une difficulté pour moi de bien discerner ce que, vraiment, je veux peindre. Il s'agit d'un véritable processus de conscientisation.
Je rappelle rapidement que la peinture elle-même peut, par la dynamique des touches par exemple, restituer l'idée de vie (cf les articles précédents #chaos). La composition et l'usage de contrastes en sont d'autres.

Mais cela suffit-il ? 
Invitation lisière - borde - edge n° 20  
[ Tempera  sur Arches 56 x 76 cm ]
(Version n°1)
Beaucoup de peintres ont pour sujet la peinture elle-même. Ils utilisent donc, éventuellement, les modes d'expression que je viens d'énoncer. Le motif sert de prétexte, dont la peinture «abstraite» se passe d'ailleurs très bien !
D'autres peintres désirent s'exprimer sur un sujet. Ils sont motivés soit par le motif au sens pittoresque du terme, ou alors par ce que sous-tend le motif; les Surréalistes, les Symbolistes en font partie. Certains, comme les Nabis, ont décidé de mettre de l'art partout, à titre décoratif. La peinture, à l'opposé, peut aussi être vectrice d'un message politique ou religieux.

Peut-on aller au delà ? 
Invitation lisière - borde - edge n° 20  
[ Tempera  sur Arches 56 x 76 cm ]
(Version n°2)
Les Romantiques sont parvenus à exprimer le concept du sublime, qui est le respect, la crainte que l'humain peut ressentir face à l'immensité et le pouvoir des éléments de la Nature, qui se trouve alors quasi déifiée. L'art pictural touche alors l'humain, mais dans une dimension toute spéciale de son être. La matière est aux portes de la métaphysique (la musique y parvient également, peut-être mieux).
Cette lisière est celle-la-même que je tente d'exprimer par le biais de la peinture. Cela réclame, j'en suis sûr maintenant, une attitude dépourvue de bavardages. Il me faut proposer l'essentiel et non distraire le spectateur. Celui-ci devrait se trouver placé là où la matière effleure le diaphane, où le «réel» prend une signification grâce à l'intuition (nous ne sommes pas dans le symbole qui est de l'ordre du savoir, de la culture). Comment puis-je vérifier que mon but est atteint ? Je ne sais pas si j'y parviendrai un jour. Chaque spectateur peut avoir une sensibilité et une réponse personnelle. C'est peut-être la limite à laquelle la peinture se heurte, comme toute tentative de communication.
L'expression du peintre est entièrement soumis aux aléas de l'espace, du temps et des personnes qui observent ; le malentendu est fréquent ; loin d'être stérile, il porte en lui les germes d'une multitude de sens et d'émotions.
Mais la peinture est-elle une communication ?
Je précise : la peinture est-elle communicante ? Je ne donnerai comme élément de réponse que cet exemple : Goethe a fait peindre les parois des diverses pièces de sa demeure; Pour chacune il utilisa une couleur différente en fonction des atmosphères, des ambiances qu'elle favorisait. C'est bien de peinture en bâtiment que nous parlons.
C'est une leçon d'humilité que je ne veux pas oublier.
Merci pour votre attention.

And now, the translation by Christina 

__ Rays or radiation __

Being or principle. Synonyms?
It is sometimes a difficulty for me to discern what I really want to paint. It is a real process of awareness.
I recall briefly that the painting itself can, by the dynamics of the keys for example, restore the idea of ​​life (cf the previous articles #chaos). The composition and the use of contrasts are others ways.
But is that enough?
Many painters have for subject the painting itself. They therefore use, possibly, the modes of expression that I have just stated. The subject serving as a pretext, which "abstract" painting does not need at all !
Other painters wish to express themselves on a subject. They are motivated either by the motive in the picturesque sense of the term, or by what the motif underlies; The Surrealists, the Symbolists are part of it. Some, like the Nabis, decided to put art everywhere, for decorative purposes. Painting, on the other hand, can also be a vehicle for a political or religious message. [see image n° 1]

Can we go beyond that?
The Romantics have succeeded in expressing the concept of the sublime, which is the respect, the fear that the human can feel in the immensity and the power of the elements of Nature, which is then quasi-deified. Pictorial art then touches the human, but in a very special dimension of its being. Matter is at the gates of metaphysics (music also succeeds at it, perhaps better).  [see image n° 2]
This edge is the very one I try to express through painting. This, I am sure now, demands an attitude devoid of gossip. I must propose the essential and not distract the viewer. The latter should be placed where the matter touches the diaphanous, where the "real" takes on meaning through intuition (we are not in the symbol that is of the order of knowledge, of culture). How can I verify that my goal is met? I do not know if I will succeed one day. Each viewer can have a sensitivity and a personal response. This is perhaps the limit to which painting comes up, like any attempt of communication. [see image n° 3]
But is painting a communication? 
Is the painting communicative? I will give as an element of answer only this example: Goethe had the walls of the various rooms of his dwelling painted; For each one he used a different color according to the atmospheres, ambiances or dynamics that the color favored. Yes, we are talking about house painting.
It is a lesson of humility that I do not want to forget.
Thank you for your attention.

samedi 25 février 2017

Interruption de processus !

J'ai travaillé pendant "x" heures sur «invitation n°20».
J'ai interrompu cet après-midi le processus créatif.
- Parce que je suis content du résultat ?
invitation lisière - borde - edge n°20
(tempera à l'oeuf sur Arches 57 x 76 cm)
Bien au contraire. J'ai une image acceptable à mes yeux, mais je m'y suis malheureusement trahi. Cette image représente l'exemple typique d'une image morte. Bon. Elle peut évoquer quelque chose, susciter des questions ; on peut même la trouver belle. Mais, je le répète : à mes yeux elle est morte. L'image montre des dynamiques, mais la peinture elle-même est relativement statique, particulièrement dans sa moitié inférieure.
[Je ne vous ferai pas l'insulte de vous répéter mes réflexions sur l'utilisation consciente par le peintre des principes théorique du chaos. Si vous venez pour la première fois, je vous transmets le lien qui vous permettra de vous familiariser avec ce concept simple mais réellement vivifiant. ]
Je croyais pourtant avoir commencé ce tableau en application exacte de mes principes picturaux, mais voici qu'à la fin j'obtiens une image lisse, polie, maintenue hors de la poubelle ou des flammes uniquement par un accès de bienveillance peut-être exagéré.
état de la peinture le 20 février
Je suis retourné sur la première page de mon site et j'ai remonté le temps pour trouver la source de mon erreur, le moment où s'est installée la déviance.
Etait-ce ici, [image 20 fév] lorsque je me suis mis à utiliser des pinceaux pour faire un travail "précis" ? Non. Un travail chaotique au sens où je l'entends ne repose pas sur une cacophonie picturale ; il implique plutôt une certaine rigueur. L'utilisation des pinceaux n'est pas à considérer.
Inutile de jouer aux devinettes.   [image n°1]
C'est en fait dès le premier jour, que j'ai commis ma principale erreur en ébauchant le soleil avec des rayons. Quel beau soleil ! Tel que je le dessinais (avant même de savoir me moucher), avec des rayons, puisqu'on m'a appris que le soleil nous envoyait ses rayons.  Des rayons. Comme une roue de vélo ! Cela ne pouvait pas fonctionner : le symbole «rayon» est une écriture non une peinture. Or quoi de plus organisé, dépourvu de chaos, qu'une écriture ? !
image n°1  :  état de la peinture le 22 janvier
Fort de ce constat, je me trouve devant l'alternative de jeter le bébé avec l'eau du bain, ou de laver la surface et recommencer . Je choisis en fait une troisième option : conserver cette peinture pour ce qu'elle est, et en «peindre» une cousine plus  ouverte, poétiquement parlant.
Je la publierai dans ce blog et dans mon site [on y accède par ici]
A bientôt donc ! Pour l'heure, je vous invite à suivre ce lien. Il vous mènera directement vers l'article que j'avais écrit avant celui-ci. Il y est question d'auto-formation (formation autodidacte) . Comment me suis-je formé ? (pouvez-vous vous former ?) sans passer par une école et en vous passant de diplôme.   Les concours d'art... Absolu non-sens.

And now, Christina's english translation :

Process interruptions!

I worked for "x" hours on Invitation no. 20 (first reproduction of this article).
I interrupted the creative process this afternoon. "Because I'm happy with the result?"
On the contrary. I have an acceptable image in front of the eyes, but unfortunately I betrayed it. This image represents the typical example of a still image. She can evoke something, raise questions; one can even find it beautiful. But, I repeat: to my eyes it is dead. The image shows some dynamics, but the paint itself is relatively static, especially in its lower half.
[I will not insult you in repeating my reflections about the conscient use of the theoretical principles of chaos by the painter. If you're just joining me from this day's article, I shall give you the link that will get you familiarized with this simple but really invigorating concept.]
I thought, however, that I had begun this painting in exact application of my pictorial principles, but at the end I get a smooth, polished image, kept out of trash or flames only by a (perhaps) exaggerated benevolence.
I went back to the first page of my site and, back in time, I tried to trace the source of my error, the moment the deviance settled.
Was it here, [image 20 Feb, the second of this article)] when I started using brushes to do a more "precise" job? No. A chaotic work, in the sense in which I hear it, does not rest on a pictorial cacophony; on the contrary, it involves a certain rigor. The use of brushes is not to be considered.
Needless to play riddles. [Image n ° 1 (the third of this article)]
In fact, I committed my main error from the very first day, by sketching the sun with rays.
What a beautiful sun! I had drawn it as in the old days (when I didn't even know how to blow my nose), with rays, since I was told that the sun sends us rays… Like a bicycle wheel! This could not work: the symbol "ray" is a script not a painting. Thus, what is more organized, devoid of chaos, than a scripture ?
Based on this observation, I find myself in front of the alternative to throw out the baby with the bath water, or to wash the surface and start again. I actually choose a third option: to preserve this painting for what it is, and to "paint" a cousin more open, poetically speaking.
I will post it in this blog and on my site [accessed here]
See you soon! For the moment, I invite you to follow this link. It will lead you directly to the article I had written before this one. It is about self-training (self-taught training). How I did become trained (and so can you) without going through a school and getting a diploma?
Art contests?...  Absolute nonsense.

Technique- influence- etc.

Peindre, on l'oublie parfois, était une profession qu'il fallait apprendre dès l'adolescence, pour une durée de dix à quinze ans. Pas question d'avoir des angoisses liées à son moi profond en regard d'une création picturale qui marquerait définitivement l'histoire de l'art, un tournant pour l'humanité. Non. Tu fais ta cimenterie, tu gâches ton plâtre et tu te débrouilles pour finir avant qu'il soit sec. Punto e basta !
Buffon
Etait-ce mieux, moins bien qu'aujourd'hui ? Ce n'est pas le propos de cet article. Ce que j'aimerais examiner est le fait que tout peintre, jusqu'aux Impressionnistes (non compris), apprenait tant la technique que la manière de son maître. Ce n'est qu'avec ce complet bagage qu'éventuellement des particules de sa personnalité pouvaient éclore , pour autant que le commanditaire accepte ensuite de régler la facture des éventuels débordements stylistiques !
La fin du vingtième siècle voit apparaître des écoles où la technique du peintre n'est plus apprise, afin de permettre une meilleure concentration sur le développement de la créativité et des nouvelles technologies (je simplifie). Les artistes  peuvent donc difficilement accepter cette appellation de «peintre». Ils la laissent aux gars du bâtiment. Leur ego se satisfait du terme de «plasticien».
Pour ceux qui VEULENT peindre, envers et contre tout, la presse spécialisée s'empressera de se ruer dans le créneau laissé vacant par les écoles d'art et fera paraître des magazines présentant quelques méthodes au fil des mois, des années.. Où sont les maîtres, les mentors ? Difficile de répondre. Soit on se satisfait de sa richesse intérieure, soit on va voir ce que l'histoire de l'art (forme littéraire ou audio-visuelle) peut nous offrir comme références.
J.M.W. Turner
Fin de la théorie générale (-ment barbante). Prenons un cas concret. Au hasard : le mien. Finalement on ne parle bien que de ce que l'on connaît.
J'ai eu comme principaux maîtres virtuels William Turner, Pierre Bonnard, August Strindberg mais aussi les potes de Chauvet et Lascaux. Cela ne paraît certes pas évident en regardant mes peintures et c'est heureux : pourquoi refaire ce qui a été fait et bien fait.
En réalité, c'est en examinant leurs évolutions picturales respectives, tout en prenant intimement connaissance de leurs biographies et écrits personnels, correspondances, etc, que j'ai pu faire le lien entre leur personne et leur peinture (structures profondes, palettes, sujet, techniques). Une sorte de graphologie picturale, pour ainsi dire. En procédant par analogie je pus commencer à me former .
Il me fallut mieux me connaître, tout en mettant au point les fondements de ma propre technique ; elle devait correspondre au plus juste à mon tempérament et aux sujets que je désirais aborder.
A. Strindberg
Il est évident que je n'imite ni Turner, ni Bonnard , pas plus que Strindberg ou mes ancêtres préhistoriques. Dieu m'en préserve.  Leur point commun, vital s'il en est, est de  se comporter en électrons libres, ce qui est également mon cas. Le parcours des « électrons libres» sera étudié par le comte de Buffon et, plus tard, par Edward Lorenz. Bref, le mieux serait maintenant de leur laisser la parole. Cela m'évitera de faire de grandes phrases redondantes, et vous indiquera ce qui, en plus de l'étude de leur œuvre, m'a grandement ouvert l'esprit et permis de cheminer sur ma propre trajectoire picturale.

Ce sera court. Je fais l'impasse sur la Bible, qui conditionne le quotidien que l'on soit croyant ou non, par le biais des constitutions et appareils judiciaires et sociaux divers. J'omets également Spinoza, car le lien avec l'art peut de prime abord paraître contestable, sinon improbable.
Voici donc quelques citations porteuses de mon travail :

0. Les peintre de Chauvet, Lascaux, etc
Je ne leur ferai pas l'insulte de prétendre les avoir compris. Qui le pourrait ? On leur doit de nous introduire au mystère pictural [(alt)de l'image peinte].
1. Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788)
Citation datant de 1783 montrant que sa vision d’un monde ergodique et mélangeant  était bien proche de celle de Lorenz.
P. Bonnard
[...] tout s’opère, parce qu’à force de temps tout se rencontre, et que dans la libre étendue des espaces et dans la succession continue du mouvement, toute matière est remuée, toute forme donnée, toute figure imprimée ; ainsi tout se rapproche ou s’éloigne, tout s’unit ou se fuit, tout se combine ou s’oppose, tout se produit ou se détruit par des forces relatives ou contraires, qui seules sont constantes, et se balançant sans se nuire, animent l’Univers et en font un théâtre de scènes toujours nouvelles, et d’objets sans cesse renaissants».
[ HISTOIRE NATURELLE DES MINÉRAUX. Tome Second ]

2. J. M. William Turner (1775-1851)
les citations ci-dessous me parlent d'expression poétique, de communication spirituelle. Elles m'aident à mettre en place mes propres outils de partage altruiste par l'image peinte (ou, parfois, dessinée).
[.] Mélanger toutes les minuties dans la couleur ambiante, dorée et vaporeuse».
[.] Donner au néant de l'air une forme substantielle».
[.] Ô Seigneur, détourne le souci menaçant et ouvre-moi des perspectives radieuses.

3. August Strindberg (1849-1912)
E. Lorenz
« La formule de l'art à venir (et comme tout le reste à s'en aller !) : c'est d'imiter la nature à peu près : et surtout d'imiter la manière dont crée la nature. »
Il ne s'agit pas de dépeindre la vie, la nature, La création, mais bien de créer, de peindre comme la vie, la nature, l'auraient fait.
[ Du hasard dans la production artistique ( L’Echoppe 1892-4)]

4. Pierre Bonnard (1867-1947)
[.] L'homme qui siffle n'est pas toujours heureux.
[.] Il ne s'agit pas de peindre la vie, mais de rendre vivante la peinture.
[ Observations sur la peinture, éd. L'Atelier contemporain - (2015)]

5. Edward Lorenz (1917-2008)
Il découvrit, dès 1963, le principe fondateur de la théorie du chaos, à savoir que :
[.] une infime variation de paramètres à un moment donné peut faire varier énormément le résultat final. »

And now, the english version by Christina :

__ Technique- influence- etc. __

It is sometimes forgotten (alt) that before becoming an "enriching" recreation, painting was a profession that had to be learned from the beginning of adolescence for a period of ten to fifteen years. It was not a question of having anxieties linked to a deep self-esteem for a pictorial creation that would definitively mark the history of art, even more a turning point for humanity. No way. You mix your cement, you spoil your plaster and you manage to finish before it dries. Punto e basta!
Was it better, worse than today? This is not the purpose of this article. What I would like to examine is the fact that every painter, up to the Impressionists (not included), learned both the technique in general and the way of his master. It was only with this baggage that eventually particles of his personality could hatch, as long as his sponsor agrees to pay the bill for his possible stylistic excesses!
The end of the twentieth century saw the emergence of schools where one no longer learned the techniques of the painters in order to concentrate firstly on the development of creativity and new technologies (I simplify). Artists can therefore hardly accept the term "painters". They leave it to the guys of the building corporation. Their ego is satisfied with the term "plastic or visual artist".
For those who WANT to paint, against all odds, the specialized press will rush into the niche left vacant by art schools and publish magazines presenting some methods over months, years... Where are The masters, the mentors? Difficult to answer. Either one is satisfied with its inner richness, or he will see what the history of art (literary or audio-visual form) can offer as references.
End of the generally (boring) theory. Let us take a concrete case. At random: mine. Finally, we talk well only about what we know.
I had as principal virtual masters William Turner, Pierre Bonnard, August Strindberg, but also my pals of Chauvet and Lascaux. It certainly does not seem obvious when looking at my paintings and it's good: why do what has been done and well done?
In reality, it was by examining their respective pictorial evolutions, while being intimately acquainted with their biographies and personal writings, correspondences, etc., that I was able to make the connection between their person and their painting (deep structures, palettes, subject , techniques). A sort of pictorial graphology, so to speak. By proceeding by analogy I could begin to train myself.
I had to know myself better, while at the same time developing the foundations of my own technique; it had to correspond exactly to my temperament and the subjects I wished to approach.
It is evident that I do not imitate either Turner or Bonnard, any more than Strindberg or my prehistoric ancestors. God forbid. Their vital common point if any, is to behave as free electrons, which is also my case. The course of the "free electrons" will be studied by the Count of Buffon and later by Edward Lorenz. In short, the best thing now would be to give them the floor. This will avoid me making great redundant phrases, and will tell you what, in addition to the study of their work, greatly opened my mind and allowed me to walk on my own pictorial trajectory.

It will be short. I ignore the Bible, which conditions the everyday life whether one believes or not, through various judicial and social constitutions and systems. I will also omit Spinoza, for the link with art may at first appear to be questionable, if not improbable.

So here are some quotes from my work:


0. The painters of Chauvet, Lascaux, etc.
I will not make them the insult of pretending to have understood them. Who could? We owe them the introduction to the pictorial mystery [(alt) of the painted image].

1. Georges Louis Leclerc, Count of Buffon (1707-1788)
Quotation dating from 1783 showing that his vision of an ergodic and blending world was very close to that of Lorenz.
Everything takes place, because in the course of time everything is met, and in the free extension of spaces and in the continuous succession of motion, all matter is moved, every form given, every figure printed; Everything is brought together or withdrawn, everything unites or runs, everything combines or opposes each other, everything is produced or destroyed by relative or contrary forces, which alone are constant, and swinging without harming one another, Animate the Universe and make it a theater of ever new scenes, and objects that are constantly reviving. "
[NATURAL HISTORY OF MINERALS. Tome Second]

2. J. M. William Turner (1775-1851)
The quotations below speak to me of poetic expression, of spiritual communication. They help me to set up my own tools of altruistic sharing by the painted (or, sometimes, drawn) image.
[.] Mix all the minutiae into the ambient color, golden and vaporous ".
[.] Give to the nothingness of the air a substantial form ".
[.] O Lord, turn away the threatening concern and open me radiant perspectives.

3. August Strindberg (1849-1912)
"The formula of art to come (and like all the rest to go!) Is to imitate nature almost, and above all to imitate the way nature creates. "
It is not a question of depicting life, Nature, creation, but of creating, painting as life, Nature, would have done.
[Chance in artistic production (1892-4)]

4. Pierre Bonnard (1867-1947)
The man who whistles is not always happy.
[.] It is not a question of painting life, but of making the painting alive.
[Observations on painting - (2015)]

5. Edward Lorenz (1917-2008)
He discovered, as early as 1963, the founding principle of the theory of chaos, namely that:
[.] A tiny variation in the parameters at a given moment can make the final result vary enormously."


vendredi 3 février 2017

Moments particuliers

Parfois, lorsqu'il est temps de quitter l'atelier et que les lumières s'éteignent, il arrive qu'une image offre une autre facette de son existence. Ce que le peintre voit lui est familier, mais étrange aussi.
Permettez-moi de partager deux de ces visions privilégiées. Cela me donne envie de continuer mon travail ici et maintenant, mais le docteur dit «Non, non, non ; c'est assez pour aujourd'hui». Je n'aime pas que le docteur aie raison....

Sometimes, when it is time to leave the workshop and the lights go out, an image may offer another facet of its existence. What the painter sees is familiar to him, but strange too.
Let me share two of these privileged visions. This makes me want to continue my work here and now, but the doctor says "No, no, no; It's enough for today. " I do not like the doctor's right ....

edge 20 détail n°1 (travail en cours / work in progress)

edge 20 détail n°2 (travail en cours / work in progress)
Je vous remercie de votre attention et de votre fidélité - Thank you for your attention and your loyalty

mardi 25 octobre 2016

Peindre avec le temps

Georges Braque expliquait que le temps était un composant actif dans l'élaboration d'une toile. Il en voulait pour preuve ce récit : après avoir travaillé longtemps sur une peinture sans parvenir à la satisfaction, Braque, quelque peu frustré, avait pris sa toile pour la déposer par terre face au mur.
Quelques jours ou semaines plus tard, il la reprit pour l'examiner. Il découvrit -à sa grande surprise- que le tableau était désormais achevé. Il n'y avait évidemment aucun Lutin ou bon génie au service occulte de Braque. Non. Le seul génie à l'œuvre était sa capacité créatrice. Par simple évolution de sa pensée, Braque put considérer le tableau comme achevé, tel quel.
L'explication du phénomène est bien simple. Tous les Salons du temps des Impressionnistes et au-delà l'ont vu à l'œuvre. Dans un premier temps, l'esprit rechigne à considérer l'inconnu, l'étrange, l'étranger comme familier. Son instinct de préservation mettra en œuvre un processus de rejet, en provoquant un scandale par exemple.
Mais, petit à petit, si l'objet n'a pas été détruit ou si d'autres, semblables, ont réussi à émerger, c'est l'effet inverse qui se produit, soit par apprivoisement, soit par assimilation. Là aussi, le temps fut le maître d'œuvre de la réussite.

Cette longue introduction est là pour m'aider à raconter ce qui m'est arrivé lors de la réalisation de l'invitation n° 11. La composition entière tend à amener le regard vers le visage. Ce dernier doit donc être suffisamment intéressant pour mériter l'effort d'attention du spectateur. Mais comment faire ? Le regard est baissé, le visage est au tiers caché. Reste la chevelure.
Comment la rendre intéressante et expressive sur une si petite surface ?
On voit sur les premières reproductions que j'amoncelle des couches de peinture, cherchant le mouvement, le volume, la luminosité et ceci jusqu'au point où la surface est manifestement surchargée. Il me reste alors l'alternative de blanchir la surface avec une couche supplémentaire ou alors d'essayer de laver progressivement les couleurs en faisant une peinture par retrait. J'ai mis en œuvre cette dernière option pour obtenir ceci [tableau]
L'effet tel quel serait acceptable si un trait presque continu n'entourait la surface, transformant ma peinture en dessin. Il allait falloir chercher encore.
Quelques jours après j'étalai grossièrement à la spatule des jus très dilués de mes trois couleurs primaires, avec des traces de blanc ici et là. Dans un premier temps, le résultat me parut inacceptable. J'étais très déçu. Peu après, il me sembla que j'avais peint une sous-couche très intéressante à développer. J'étais heureux de cette perspective. Au moment où j'écris ces lignes, j'en suis venu à penser que cette chevelure était finalement telle que je la désirais sans le savoir vraiment !
Peut-être n'approuverez-vous pas mon choix.  Revenez le voir dans quelque temps, vous et lui serez peut-être apprivoisés.
Pour voir Le tableau entier (invitation n°11 tempera sur Arches 76x56cm)

And now, the english version by Christina


Georges Braque explained that "time" was an active component in the development of a canvas. He proved his allegation this way : after working a long time on a
première version ...en attente
painting without achieving satisfaction, Braque somewhat frustrated, placed his canvas on the floor facing the wall. A few days or weeks later, he went to examine it. He discovered -to his great surprise- that the painting was now completed. There was obviously no goblin nor good wizard working in secret for Braque. No. The only genius at work was his creative ability. By simple evolution of thought Braque could consider the picture complete as it was.
The explanation of the phenomenon is simple. All the Salons, from the time of the Impressionists and beyond, have seen it at work. First, the mind boggles to consider the unknown, the odd, the stranger as familiar. His instinct of preservation will implement a rejection process, causing a scandal for example.
But gradually, if the object has not been destroyed, or if others, similar, managed to emerge, the opposite effect occurs, either by taming, or by assimilation. Again, time was the architect of success.

This long introduction is here to help me tell what happened to me when making the Invitation No. 11. The entire composition tends to bring the look toward the face.This latter should be interesting enough to deserve the viewer's attention effort. But how to do it ? The gaze is down, one third of the face is hidden. Only the hair remain. How to make it interesting and expressive on such a small area?
We saw on the first reproductions of paintings that I piles up layers, seeking movement, volume, brightness, and this to the point where the surface is clearly overloaded. It remains then the alternative to bleach the surface with an extra layer or eventually try to gradually wash the colors making a painting by withdrawal. I implemented this last option to get this [painting]
La version définitive
The effect as it is would be acceptable if an almost continuous dash wasn't surrounding the area, transforming my painting into a drawing. One had to search further.
A few days later, I spread roughly with a spatula some very diluted juice of my three primary colors, with traces of white here and there. At first, the result seemed unacceptable. I was very disappointed. Soon after, it appeared that I had painted a sub-layer very interesting to develop. I was happy of that perspective. At the time I write this, I have come to think that this hair was finally as I wanted it to be, without knowing it really!
You may, or not, approve my choice. Come back to see it in a while, and maybe you'll tame it.
To see the entire painting (Invitation No. 11 tempera on Arches 76x56cm)

lundi 19 septembre 2016

Quelle est la couleur de la vie ?


On me posa récemment la question suivante :
- Comment fais-tu pour ne pas être influencé par les couleurs du modèle par faire ta peinture?
La réponse est assez simple, bien qu’approximative. Je garde en effet toute latitude de quitter les sentiers battus.
Je la transcris dans cet article de blog en tant que résumé du processus créatif technique. J'insiste sur le terme «technique» car il intervient dans la création d'un tableau une foule d'ingrédients évolutifs, depuis un certain état d'esprit général jusqu'aux conditions météorologiques, en passant par l'humeur proprement dite du peintre ! Dans ce tableau je n'utilise que deux couleurs : une couleur d'atmosphère générale (servie soit comme imprimatura, soit pour ébaucher les premières zones d'ombre) et du blanc pour les lumières.
Ensuite je prends une nouvelle couleur qui correspondra à un critère de ressenti : chaud, froid, dynamique, calme, sombre, inspiré, rassurant,etc.
Ensuite je reprends les lumières avec le blanc.
Il m'arrive aussi d'utiliser le blanc comme voile sur tout ou partie de la surface, dans le but de modifier en profondeur la zone recouverte. Les reprises s'effectuent ainsi de suite, jusqu'à ce que j'interrompe le processus créatif.
On se trouve donc en présence d'un processus alternant le chaos et la lumière en tant que vecteurs de créativité. Simple, si ?
Les couleurs appellent, relativement tôt dans le processus, une harmonisation; de plus, elles forment (grâce au clair-obscur entre autre) des structures qui permettent à l'image de profiter d'un axe d'expression supplémentaire.

Attention, cependant. Je ne me contente  pas toujours de cette façon de monter mes couleurs. En effet, la tendance à «virer» au brun ou gris-boue est à prendre au sérieux assez vite, en particulier lors de la superposition des glacis. Ainsi, la recherche d'harmonie devient-elle aussi partie prenante de l'expression poétique du peintre.

Il y a encore une difficulté à laquelle je me trouve confronté. A certaines périodes de l'année, La seule façon d'avoir de la lumière sur mes travaux est d'utiliser un éclairage artificiel.
Malgré les progrès réalisés par les fabricants d'ampoules type «lumière du jour», les couleurs sont difficiles à distinguer très précisément, en particulier dans les valeurs extrêmes, tant claires que foncées. Pas de solution miracle : on corrige à la lumière du jour les inexactitudes commises sous les lampes. Avec la pratique, dans les demi-teintes plus particulièrement, on parvient à s'adapter... en attendant l'été.
MAIS
Un peintre tel que Pierre Bonnard utilisait volontairement l'éclairage artificiel, même en tant que sujet de sa peinture. Encore plus fort: il peignait en punaisant ses toiles directement contre le papier-peint collé au mur. Il préférait cela car il pouvait ainsi tenir compte du contexte dans lequel les tableaux seraient vus finalement. Plus les papiers-peints étaient chamarrés, mieux cela se passait, car la cacophonie visuelle devenait si forte qu'elle finissait par ne plus être prise en compte en détail par le cerveau.
Ceci dit, je me souviens que j'aime utiliser les phénomènes liés au chaos. Ces changements de lumière pourraient très bien être intégrés comme «conditions initiales» auxquelles le tableau, ou au moins le peintre, serait extrêmement sensible.
Invitation lisière - borde - edge n° 15
[tempera sur Arches 76 x 56 cm]

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour ma part je trouve ces voies chaotiques de mieux en mieux acceptables en situation de créativité.

English translation by Christina

Recently I was asked the following question:
- How do you avoid being influenced by the colors of the model while doing your painting?
The answer is quite simple, although approximate. I shall indeed keep the liberty to leave the beaten tracks. I transcribe it in this blog article as a summary of the technical creative process. I emphasize the word "technical" because it is involved in the creation of a painting many ingredients going from the general state of mind up to the weather conditions, passing by the actual mood of the painter ! In this painting I use only two colors: a general atmosphere color (served either as imprimatura or to draft the first gray areas) and a white for the lights.
Then I take a new color that will match a feeling criteria: hot, cold, dynamic, quiet, dark, inspirational, comforting, etc. Then I push up the lights with the white.
Sometimes I use some white as a veil on the entire surface, in order to fundamentally change the covered area. And I carry on like this until I interrupt the creative process.
We are thus in the presence of a process alternating light and chaos as creative vectors. Simple, no?
The colors require, relatively early in the process, an harmonization; moreover, they form (thanks to the chiaroscuro among others) structures that allow the image to benefit from an additional axis of expression.

Be careful, though. I am not always satisfied with that way of mounting my colors. Indeed, the tendency of "turning" toward brown or gray-mud is to be taken seriously rather quickly, especially when layering glazes. Thus, the search for harmony also becomes part of the painter' poetic expression.

There is still another difficulty to which I feel confronted. At certain times of the year, the only way to have light while working is to use artificial lighting.
Despite progress made by the manufacturers of bulbs like "daylight" colors are difficult to distinguish precisely, especially in the extreme values, like clear or dark. There exist no miraculous solution; inaccuracies committed under the lamps shall be corrected at daylight. With practice, particularly in the halftones, I manage to adapt... until the summer comes!
BUT
A painter like Pierre Bonnard intentionally used artificial lighting, even as the subject of his painting. Even better: he painted pinning his paintings directly on the wallpaper against the wall. He liked it because he could thus take into account the context in which the painting will finally be seen.The more the wallpapers was bedecked better it was  because the visual cacophony became so strong that it ended up not being considered in detail by the brain.
That said, I remember that I like to use the phenomenon related to chaos. These changes of light could be integrated as well into the "initial conditions" to which the painting, or at least the painter, is extremely sensitive.

I do not know what you think about this, but for my part I find these chaotic ways more and more acceptable in situation of creativity.

mardi 7 juin 2016

Vers une nano-histoire de l’art

Que sait-on des motivations des artistes Magdaléniens, de Lascaux, Chauvet et autres sites magnifiquement peints ? Aucun historien honnête n’osera répondre à cette question autrement que par : « À peu près rien...» Je ne suis ni historien d'art ni historien tout court. Je ne peux donc que me fier à mes intuitions d’humain qui, lui aussi, aime laisser des traces de couleur sur des surfaces disponibles.
Puis-je projeter mes motifs sur ceux de mes ancêtres ? Tout ce que je puis affirmer est que les structures de mon cerveau, de ma pensée et, mais c’est moins évident, de ma culture sont très proches des leurs.
réplique d'une peinture de la grotte d'Altamira, Espagne


J’aime peindre parce que je laisse une trace de ma présence, de mon existence ;
J’aime peindre parce que les gestes et les résultats de ces gestes que je dirige à peu près librement me font plaisir ;
  • J’aime peindre parce que ceux de mes semblables qui regardent mes peintures y trouvent parfois un intérêt, et même, pour quelques-uns, un miroir de leur propre horizon de pensée et/ou une source d’émotions qu’ils apprécient ;
  • J’aime peindre parce que le processus créatif et pictural qui me met en mouvement me paraît de la plus haute importance sur le moment et, parfois, en théorie ;
  • J’aime peindre parce que la peinture (celle des autres aussi, parfois) me met en contact avec les notions pour moi vitales et vivifiantes d’Être et de Beauté, tout comme une forme de méditation et de prière pourraient le faire.
ce n'est pas une peinture et
probablement une «oeuvre» involontaire, mais...
Il y a encore beaucoup de raisons, beaucoup plus personnelles qui m’amènent irrépressiblement vers mes couleurs et mes pinceaux. Marcel Duchamp confiait à Georges Charbonnier que la principale raison était olfactive, car les peintres étaient accros à l’odeur de l’essence de térébenthine ! Pour ma part, la peinture me permet de présenter à mon épouse Christina mon hommage amoureux le plus éloquent. Que ceci suffise à mettre un terme au catalogue de mes motivations picturales. Je laisse de coté celle que les artistes seuls sont à même de mieux comprendre, car directement liées à la pratique picturale. Ils les connaissent aussi bien que moi et les regardeurs n’en ont cure, on les comprend.


Mes motivations sont-elles proches des préoccupations picturo-pariétales de outre-naguère ? Je vous laisse y penser. Faisaient-ils de l’art ou de la signalisation ? des jeux de société ou des pratiques cultuelles ?  Imaginaient-ils qu’on en parlerait aujourd’hui dans un blog ? Peut-être étaient-ils ivres et qu'ils oublièrent jusqu’à leurs actes ! Je plaisante…


Ce que je peux affirmer, c’est que les artistes de l'antiquité, allant de l'ancienne Égypte jusqu’aux impériaux romains, réservaient l’art à l’expression religieuse  (de nos jours on parle de mythe, mais c’est de l’orgueil), à la manifestation d’un rang social lié étroitement à la richesse et aussi à la décoration, au service des mêmes d’ailleurs.
Le premier millénaire européen consacre l’essentiel de son énergie artistique à l’expression de la foi, «païenne» ainsi orgueilleusement nommée, puis chrétienne. Le rang social et les richesse (laïques et cléricales) offraient le nerf de la guerre, nommé ainsi par moi, tant il est vrai que la vanité semblait autant que la ferveur motiver les investissements nécessaires à la confection d’oeuvres d’art très richement ornées pour la plupart.
Dès la Renaissance, Nord et Sud de l’Europe confondus, les motivations demeurent, mais elles s’additionnent d’un drageon qui semblait bien improbable jusque là. Les artistes se mettent à signer leurs oeuvres et à briguer un statut social qui ne leur avait jamais été destiné. La reconnaissance de l’artiste met ainsi en route un étrange phénomène : une course à l’originalité, à la virtuosité et au contrat juteux.
L’art entre dès lors dans un conflit interne parfois stimulant, parfois destructeur, entre les tenants de la tradition et ceux de la révolution. J’utilise à dessein le terme de révolution plutôt que celui d’évolution, car c’est bien de combats sanglants dont il s’agit. Les termes employés sont souvent les reflets de sentiments très inamicaux et volontiers assassins, de réputation pour le moins.
Portrait d'un homme, Fayoum
On appelle pourtant cette période la Renaissance. Les contradictions sont aussi l’apanage de l’humanité.
Et cela dura au moins jusqu’aux temps modernes. Soit on a du génie et on est reconnu de son vivant (passez muscade !) soit on a du génie et on est reconnu post-mortem -et les marchands d’art se chargeront de votre fortune-, soit on n’est ni reconnu, ni génial, vivant ou mort, on n’existe tout simplement pas dans l’histoire de l’art. Ci-gît qui ? Il y en a des milliards, artistes ou non. Ça aide la médecine à couler…
Et aujourd’hui, me direz-vous ? Si vous êtes encore là.
Il semble que l’art demeure l’apanage de l’élite et de l’argent. La religion ? Nous y reviendrons.
L’art contemporain correspond parfaitement aux motivations (déjà à l’oeuvre à la Renaissance), à la satisfaction et à la religion (Sainte-Frique) de l’élite fortunée, mais, et c’est là que réside peut-être le distinguo, QUEL QUE SOIT LE CONTENU de l’oeuvre.
Il faut et il suffit qu’un fortuné, amateur ou marchand, décide de la montée d’une cote pour que l’oeuvre trouve sa valeur. QUEL QUE SOIT SON CONTENU, je le répète.
Puisque l’art semble remplir sa fonction historique, on peut se demander s'il y a lieu de chercher à le faire évoluer encore.
Indéniablement, l’art se doit d’évoluer sous peine d’une morbide inertie.
Jusqu’ici, les moteur d’évolution étaient de différents ordres :
  • Évolution technique (pigment, colle support, outils)
  • Évolution des motivations (religion, signe de richesse, etc)
  • Évolution de la valeur spirituelle intrinsèque de l’objet d’art (icône, cathédrale, art funéraire)
  • Évolution de désir décoratif.
Homo sapiens a relativement peu évolué au cours des cinquante derniers millénaires. Seule sa technologie a varié, ces tout derniers siècles, repoussant parfois certains horizons mentaux, également exprimés socialement et scientifiquement.
Duccio - Madonna ruccelai
On constate aussi une évolution spirituelle qui s’exprime parfois radicalement, ce qui n’est pas très nouveau. Ce qui l’est plus, nouveau, c’est l’apparition d’une prétendue liberté individuelle, un libre arbitre (déjà remis en question d’ailleurs).
D’un côté, les divers croyants tendent à s’engager et s’exprimer plus franchement, n'ayant plus le facteur comportemental lié à une obligation de croire émanant d’organes dirigeants.
D’autre part, les athées,ou prétendus tels, mais croyant à la suprématie de l’intellect ou de la réussite sociale ou financière ou de tout à la fois, sont plus franchement des opposants «réactionnaires» vis à vis des positions ecclésiales autrefois dominantes.
La plupart des gens de toute façon peinent à reconnaître qu’il y a eu transfert de divinité. Leurs croyances et valeurs absolues ne sont pas toujours identifiées comme telles (je répète: valeurs matérielles, pouvoir d’achat, cultes voués aux diverses idoles culturelles proposées par les médias de masse). Les pratiques cultuelles se confondent avec un mercantilisme omniprésent et inéluctable, accompagné de messages publicitaires qui n’ont même plus besoin d’user d’artifices subliminaux, tant on s’en est accommodé.
Donc, si :
  1. L'art reconnu comme tel officiellement (les musées s'adonnant eux aussi au mercantilisme pour survivre, leur chiffre d’affaires issu de la vente des diverses reproductions et des entrées payantes, en Angleterre notamment) suffit à l’élite fortunée…
  2. Si l'art des mass-medias suffit à l’homme de la rue pour exprimer ses propres valeurs…
  3. Si les reproductions «fast-food» et haut de gamme remplissent leur mission décorative, facile à renouveler, et permettant ainsi de maintenir un équilibre de satisfaction vs. frustration suffisant au maintien de l’ordre établi…
… on se demande bien pourquoi et comment, le cas échéant, l’art pourrait évoluer !
Et pourtant, quelque chose se passe en Occident. Les artistes non établis semblent beaucoup plus nombreux.
Comment est-ce possible ?
Maurice Quentin de la Tour
Portrait de Louis XV de France
Pastel sur papier gris-bleu
On entend, depuis la fin du XXème siècle des voix autorisées se plaindre que le métier d’artiste, peintre par exemple, n’est plus enseigné dans les écoles d’art officielles. D’un autre côté, on ne compte plus les cours de techniques artistiques proposés aux particuliers.
Ainsi, les artistes de tous âges et de toutes conditions, dits «du dimanche», ou plutôt de «loisirs», motivés par le geste et non par l’acte rémunéré, par exemple, se font de plus en plus nombreux, présentant leurs travaux mondialement par le biais d’Internet. Certes, les regardeurs sont parfois peu nombreux, mais chaque oeuvre permet de toucher une micro-société. Imaginons le nombre des oeuvres ainsi exposées et celui encore plus faramineux de micro-sociétés qu’elles rassemblent !
Dans ces conditions, qui prétendra que l’art ainsi proposé et exposé est un «sous-art» alors qu’une population avérée parvient à s’y projeter et à y trouver son content de ravissement voire d’évolution ?
Or, cet art échappe à tout contrôle officiel, dans la plupart des pays occidentaux en tout cas.
Tant que les artistes qui le produisent esquivent la reconnaissance officielle du marché, cet art est le seul à garder un pouvoir résistant, éventuellement subversif, mais surtout exprimant des valeurs hautes et authentiques propres à ces micro-sociétés.
Les sociétés mondialisantes, de par l’anonymat qu’elles génèrent, permettent et favorisent l’éclosion des rapprochements humains à dimension tribale, capables de manifester artistiquement leurs propres valeurs.
L’histoire de l’art ne peut que devenir l’histoire des arts, des micro-arts, des nano-arts, à l’extrême.
N’est-ce pas réjouissant ?
Enfin, et de fait, car cela a déjà lieu, l’art a évolué et évolue encore. Même marginalisé officiellement, qu’importe ? Il ne le sera plus sous peu, puisque réel et puissant moteur d’une multitude de groupements humains aussi officieux qu’authentiques.

And now, dear english reading friends please enjoy Christina's version (google revisited).


Towards a nano-art history

What is known about the motivations of Magdalenians artists, of Lascaux, Chauvet and all the other beautifully painted sites? No honest historian would dare answer to that question otherwise than: "Just about anything". I am neither historian nor historian of art. So, I can only trust my human intuitions, who too, like to leave traces of color on available surfaces.
Can I compare my drawings with those of my ancestors? All I can say is that the structures of my brain, my thoughts, and, but it is less obvious, my culture, are very similar to their own. I like to paint because I leave a trace of my presence, my existence; I like to paint because the gestures, and the results of these gestures, that I lead nearly freely bring me happyness;
.I like to paint because those of my peers who look at my pictures sometimes find them of interest, and even, for some, a mirror of their own horizon of thought and/or a source of emotions they like;
.I like to paint because the pictorial and creative process that puts me in motion seems of utmost importance at the time, and sometimes in theory;
.I like to paint because the pictures (that of others too, sometimes) put me in touch with the notion, vital and invigorating for me, of Being and Beauty, as a form of meditation and prayer could do.
There are still many reasons, much more personal, which lead me irrepressibly towards my brushes and colors. Marcel Duchamp confided to Georges Charbonnier that the main reason was olfactory because the painters were addicted to the smell of turpentine! Personally, painting allows me to present my most eloquent love tribute to my wife Christina. Let this be enough to end the catalog of my pictorial motives. I leave aside those that artists only are able to understand, because directly related to the pictural practice. They know as well as I do, and the viewers don't care, we understand them.
My motivations are they close to picturo-parietal concerns of primitive times? I'll let you think about it. Were they making art or signaling? Board games or cultural practices? Did they imagine that it would be spoken about in a blog today? Maybe they were drunk and they forgot up to their actions! I'm joking…
What I can say is that the artists of antiquity, from ancient Egypt up to the  imperial Rome, devoted art to the religious expression (nowadays we speak of myth, but it's just pride), to the manifestation of a social rank, closely linked to wealth and also to decoration, elsewhere serving the same.
The first millennium in Europe devotes the essential of its artistic energy to the expression of its faith, "pagan" as proudly named, than Christian. Social status and wealth (secular and clerical) offered the sinews of war, as named by me, since it is true that vanity seemed, as much as fervor, to motivate the necessary investments  for the making of richly decorated art, for the most part.
Since the Renaissance, Northern and Southern Europe combined, motivations remain, but they increased themselves with a sucker that seemed most improbable before. The artists began to sign their works and to seek social status which was never intended for them. The recognition of the artist initiates a strange phenomenon: a race to originality, virtuosity and lucrative contract.
The art then enters an internal conflict, sometimes stimulant, sometimes destructive, between traditionalists and revolutionary. I purposely used the term revolution rather than evolution because it really is a question of bloody battles. The terms used are often reflections of very unfriendly feelings and willingly assassins, of reputation for the less.
Yet this is called the Renaissance period. Contradictions are also the prerogative of humanity.
This lasted at least until modern times. Either one is a genius and is recognized in his lifetime, either one is a genius and is recognized postmortem -and art dealers will take care of his fortune- or one is neither recognized nor great, nor living nor dead, he does simply not belong to the history of art. Here lies who? They are billions, artists or not. It helps the medicine go down...
And today, will you say? If you're still there…
It seems that art remains the prerogative of the elite and money. Religion ? We'll come back to it.
Contemporary art perfectly matches the motivations (already at work in the Renaissance), satisfaction and religion (Holy Money) of the wealthy elite, but, and this is where, perhaps, lies the distinction, WHATEVER THE CONTENT of the work.
It is sufficient that a wealthy amateur or merchant, decides the rise of a quote to give the work its value. WHATEVER ITS CONTENT, again.
Since art seems to fulfill its historic function, one may wonder if it is worth to get it evolve, still.
Undeniably, art must evolve or face a morbid inertia.
So far, the engine of evolution were of different orders:
. Technical evolution (pigment, supporting glue, tools)
. Motives evolution (religion, signs of wealth, etc.)
. Evolution of spiritual intrinsec value of the artistic object
(Icon, cathedral, funeral art)
. Evolution of the decorative taste.
Homo sapiens has not changed much in the last fifty thousand years. Only the technology has changed, in recent centuries,  pushing sometimessome mental horizons, as well socially as scientifically.
One notice also a spiritual evolution which expresses sometimes radically, this is not new. What is new, though, is the appearance of a pretended individual freedom, a free will (already questioned anyhow).
On the one hand, the various believers tend to commit themselves and speak more frankly, no longer having behavioral factor related to an obligation to believe from the governing bodies.
On the other hand, atheists, or so-called, but believing in the supremacy of the intellect or social or financial success (or all at once), are more frankly opponents "reactionary" against the once dominant ecclesial positions.
Most people somehow fail to recognize that there was a transfer of divinity. Their absolute beliefs and values ​​are not always identified as such (I repeat: material values, purchasing power, cults dedicated to various cultural idols offered by the mass media). Cultural practices merge with a pervasive and inescapable commercialism, with advertising messages that don't even need the use of the subliminal tricks, so we went along with.
Thus, if :
Art officially recognized as such (museums also giving into mercantilism in order to survive, getting their turnover from the sale of various reproductions and paid admissions, in England in particular) is sufficient for the wealthy elite...
If the art of the mass media is sufficient for the man of the street to express his own values ...
If "fast food" and upscales reproductions fulfills their decorative mission, easy to renew, and allowing the maintenance of a balance : satisfaction vs. frustration, sufficient to maintain the established order… one wonders why and how, if applicable, art could evolve!
And yet, something is happening in the West. Non-established artists seem more numerous.
How is this possible ?
We hear, from the late twentieth century authoritative voices, complaints that being an artist, a painter, for example, is no longer taught in formal art schools. On the other hand, there are countless courses of artistic techniques offered to individuals.
Thus, artists of all ages and of all conditions, so-called "Sunday" or rather "leisure", motivated by the gesture and not paid by the act, for example, are becoming more numerous, with their work globally presented through the Internet. Of course, the viewers are sometimes few, but each work allows us to reach a micro-society. Imagine the number of works exhibited and thus the even more staggering micro-societies gathered!
Under these conditions, who would claim that art and thus proposed statement is a "sub-art" while an avered population proved able to project itself and find its content of happy rapture or evolution?
But this art escapes any official control, in most Western countries anyway.
As long as the artists who produce their art escape the official recognition of the market, this art is the only one to keep a strong power, possibly subversive, but mostly expressing high and authentic values ​​specific to these micro-society.
The globalizing societies, by the anonymity they generate, enable and promote the emergence of human reconciliation with tribal dimension, able to artistically express their own values.
The history of art can only become art history, micro-arts, nano-arts to the extreme.
Isn't this delightful?


Finally, and as a matter of fact, because it is already the case, art has evolved and is still evolving. Even officially marginalized, who cares? It will be over soon, since it has become the real and powerful engine of a multitude of human groups as much informal than authentic.