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jeudi 3 mars 2016

Comment «revenir à l'idée»

La partie supérieure gauche et l'avant plan sont surtravaillés et
mal structurés simultanément
L'exécution spontanée d'une ou plusieurs étapes dans l'évolution d'un tableau peut parfois amener des débordements ou/et des excès. 
On ne les voit pas tout de suite, ou on n'est pas prêt de les modifier pour diverses raisons pouvant aller de la fatigue à l'ignorance des moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir. Parfois, ce n'est qu'avec le temps que l'on peut voir un défaut apparu très progressivement, insensiblement.
Et un jour, on voit !
Que faire ? Pour moi, l'idéal est de pouvoir revenir à l'idée première.
Comment ? 
Deux solutions fonctionnent très bien pour moi, bien qu'elles soient parfois un peu brutale. Elles demandent donc un peu de courage et de «lâcher prise».

Première solution 

Une nouvelle structure de base est à nouveau disponible pour
des reprises colorées
On peut mettre un voile blanc plus ou moins translucide
(+) On aténue plus ou moins les défauts tout en conservant ce qui est acceptable ;
(-) On refroidit toutes les couleurs sous-jacentes.

Seconde solution

On lave la surface avec de l'eau, en frottant avec une éponge, un pinceau, un chiffon, ou tout ce qui semble convenir.
(+) On conserve -un peu- les teintes qui ne font que diminuer d'intensité ;
(-) On est parfois moins précis, il faut donc bien gérer les surprises.

Troisième solution

Utiliser les deux premières solutions à des degrés divers.  Ce que j'ai fait aujourd'hui !

L'avantage de ces deux moyens de correction est qu'ils autorisent les aléas d'une créativité vivante.

Et voici la version anglaise de Christina

Here is the english translation by Christina :

How to "go back to the idea"

The spontaneous performance of one or more stages in the evolution of a picture may sometimes cause overflows or / and excess.
We do not see them right away, or we are not ready to change them for various reasons ranging from fatigue to ignorance of the means to achieve this. Sometimes it is only with time that one can see a flaw appearing very gradually, imperceptibly.
And one day, you see !
What to do ? For me, the ideal is to go back to the first idea.
How ?
Both following solutions work well for me, although sometimes a bit roughly. So they require some courage and ability to "let go."

[Image: The top left and foreground are overworked and
poorly structured simultaneously]

first solution

You can put a white veil more or less translucent
(+) It more or less attenuates the defects while retaining what is acceptable;
(-) It cools up all the underlying colors.

second solution

Wash the surface with water, scrubbing with a sponge, a brush, cloth, or whatever seems appropriate.
(+) One preserves - a little - hues which only diminish in intensity;
(-) It is sometimes less precise, so you have to manage the upcoming surprises.

[Image: A new base structure is again available
colorful occasions]

third solution

Use the first two solutions to various degrees. What I did today!

The advantage of these two correction means is that they allow the hazards of life creativity.

samedi 5 décembre 2015

Logique et bio

Produire des œufs au XXIe siècle est-il plus ou moins naturel que de fabriquer du méthylcellulose à partir de sciure de bois ?
Utiliser une tempera à l’œuf - lorsqu’on n’a pas de poule pondeuse - est-il plus biologique que de faire une tempera au méthylcellulose ?
La réponse est devenue si peu évidente que j’en viens presque à espérer que les essais au méthylcellulose fonctionneront au moins suffisamment bien pour que je puisse encoller mes bleus et mes blancs avec lui plutôt qu’au jaune d’œuf (qui altère toujours légèrement la couleur).
Autre problème. Lorsque l’on travaille a la tempera, il arrive qu’il soit nécessaire d’obtenir une couche irréversible, autrement dit insoluble à l’eau. Pour ce faire, on recommande habituellement un ajout de vernis Dammar. Sachant qu’il était produit en monoculture intensive, je m’étais toujours abstenu de l’utiliser.
gomme de prunus, Capaplex, résine Dammar
Mais puisqu’il existe désormais en culture “responsable”, alors je me ferai une joie d’y avoir recours, au vu des réelles difficultés liées à l’obtention et à l’utilisation de la gomme de prunus, qui demande de toute façon un traitement chimique pour devenir insoluble (albumine + formol, ev. alcool).
Enfin, il existe depuis des décennies un liant vinylique, utilisable en phase aqueuse, et qui devient irréversible après séchage : Caparol et Capaplex.
Pourquoi pas ?
Je décide de faire l’essai : je me procure de la résine Dammar, du méthylcellulose, et également du Capaplex, qui est (en gros) du Caparol dilué, protégé par des agents bactéricides (le Caparol est aussi sensible que le jaune d’œuf !).

En utilisant judicieusement ces trois produits, je devrais réussir à obtenir des couches faciles à travailler et des couleurs proches des pigments que j’utilise.

méthylcellulose : mélange à la main et au batteur électrique
Le méthylcellulose semble peu évident à mettre en œuvre : il absorbe jusqu’à 25x son volume d’eau et ceci très rapidement ! Il faut donc trouver le meilleur moyen de mélanger la poudre et l’eau… mais il semble qu’un peu de patience sera la solution (il est recommandé de laisser reposer la préparation quelques heures avant l’emploi).
Quant à la résine Dammar, les recettes ne manquent pas. J’utiliserai l’essence de thérébentine à 2 volumes pour 1 de résine broyée, ce qui permettra une utilisation la plus large possible (additif et vernis).
Voilà, c’est tout pour ce petit article purement technique cette fois-ci !

 Et voici la version anglaise de Christina :
And here is the English version of Christina :

English Résumé

Producing eggs in the twenty-first century is it more or less natural than manufacturing methylcellulose from sawdust?
Using egg tempera – when one does not raise hens- is it more biological than making a tempera using methylcellulose ?
The answer is so unreliable, I almost came to the hope that the test with the methylcellulose will function at least well enough for me to glue my blue and my white with it rather than with the egg yolk (which still produces slight change of colors).
Another problem. When working with tempera, it is sometimes necessary to acquire an irreversible layer, insoluble in water. To do this, an addition of dammar varnish is usually recommended. Knowing it was produced in intensive monoculture, I always refrained from using it. But since it is now obtainable in "responsible" culture, I'd be happy to recourse to it in view of all the difficulties associated with the obtention and use of gum prunus, which requires anyway a chemical treatment in order to become insoluble (albumin + formalin, ev. alcohol).
Thus, for decades, a vinylique binder does exist which is used during the aqueous phase, and becomes irreversible after drying : Caparol and Capaplex.
Why not ?
I decide to experiment it : I acquire some dammar resin, some methyl cellulose, as well as some Capaplex, which is basically the Caparol diluted and protected by bactericidal agents (the Caparol being as sensitive as egg yolk !).

By efficiently working these three products, I should get layers easy to work with and colors close to the pigments I use.

Methylcellulose does not seems obvious to implement: it absorbs up to 25x its volume of water and this very quickly !  I must find the best way to mix the powder and the water… but it soon appear that a little patience will be the solution (it is recommended to leave the preparation to stand a few hours before use).
As for the dammar resin, recipes abound. I will use turpentine for 1 to 2 volumes of ground resin, allowing the widest possible use (additive and varnish).
There, that's it for this small article purely technical this time !