mercredi 9 mars 2016

de la peinture à sa reproduction photo-numérique

Lorsqu'on termine une peinture et que l'on désire en partager l'image sur le web, ou en faire des tirages haut de gamme sur toile ou poster ou carte, la question se pose de savoir comment parvenir à une reproduction fidèle.
Voici une méthode que je viens de mettre en pratique et qui fonctionne vraiment bien.

Aquisition de l'image

 J'utilise un appareil photo numérique de 20 M. C'est le minimum pour faire des reproductions de format A3, A2, voire A1. Pour une peinture de 56x76 cm, je parviens à une résolution de 158 ppi, ce qui est acceptable pour une repro. On l'augmente à 300 ppi sans pixeliser de façon perceptible. Nous avons donc de l'excellente qualité pour les formats plus petits.
 Le second outil indispensable est une charte de couleur. C'est un peu cher à l'achat, mais c'est très rentable en terme de qualité et de temps. Il est en effet très difficile d'effectuer des corrections «à vue», tant notre cerveau est efficace en auto-correction.
 Le troisième outil indispensable est une bonne lumière. Si vous pouvez profiter d'un temps couvert mais lumineux, ce sera parfait.
 Un trépied peut s'avérer utile si votre apn n'a pas de correcteur de mouvement !
image 1 - résultat final











...Voici l'image que l'on voudrait obtenir ...



image 2 - capture de l'image







Mais lorsque j'ai fait ma photo, j'ai obtenu ceci ...







Pas de panique, voici comment procéder !



Traîtement de l'image


image 3 - prélevement du «blanc»




Chargez l'image dans GIMP et prélevez un échantillon de couleur dans la partie blanche de la charte (cercle rouge) avec l'outil pipette. Vous obtenez une sorte de gris clair. Ajoutez un nouveau calque rempli de cette couleur au-dessus de votre image de base.





image 4 - équilibrage des clairs







Passez ce calque en mode diviser. Votre équilibre des blancs est ok.







image 5 - prélèvement du noir







Prélevez un échantillon de couleur dans la partie noire de la charte (cercle rouge) avec l'outil pipette. Vous obtenez une sorte de gris foncé.  Ajoutez un nouveau calque rempli de cette couleur au-dessus des deux autres.






image 6 - équilibrage des sombres





Passez ce calque en mode superposer et réduisez son opacité à 50% (vérifiez tout de même le résultat).
Il vous reste à vous assurez de l'horizontalité de votre image, que vous allez finalement rogner à ses limites. Une petite amélioration de la netteté (pour composer le léger flou dû à la porosité du papier) et voilà !
image 7 - le résultat final
invitation lisière-edge 01 (2016)
tempera sur Arches 56x76cm

Votre image de travail est maintenant aussi bien que possible avec le minimum d'effort.
Il vous restera à transformer sa taille et son format d'enregistrement en fonction des besoins de votre imprimante ou de votre imprimeur !
On peut bien sûr affiner la balance des couleurs, corriger une dominante, etc. Mais quiconque ayant déjà tenté l'expérience sait que JAMAIS l'image de votre écran ne concorde à 100% avec celle de votre tirage. C'est donc en regardant un tirage à l'encre bien sèche que l'on peut espérer faire une correction en finesse.
Merci de votre attention.

Voici maintenant pour nos amis anglophones la traduction de Christina :

English traduction by Christina :

from painting to its digital photo reproduction

When finishing a painting and wanting to share it on the web, or to make premium prints on canvas or posters or cards, the question is how to achieve a faithful reproduction ?

Following is a method that I have developed and works really well.

Acquisition of the image

I use a digital camera 20 M. This is the minimum for making copies of A3, A2 or A1. For a painting of 56x76 cm, I reach a resolution of 158ppi, which is acceptable for a repro. We can go up to 300ppi so without visible pixelization. Therefore we are sure to reach an excellent quality for the smaller formats.

The second essential tool is a color chart. It's a little expensive to buy, but it is very rewarding in terms of quality and gain of time. It is indeed very difficult to perform corrections "on sight", as our brain is so effective in making self-correction.

The third essential tool is a good light. If you can take advantage of an overcast, but bright, weather, it will be perfect. A tripod will be useful if your APN has no corrective movement ! (stabilizer).

After having done your picture you will get this :
[image 2]

whereas one absolutely wants this :
[image 1]

Do not panic, here's how to do it.
[image 3]

comm: Load the image into GIMP and withdraw a color sample in the white part of the charter (red circle) with the eyedropper tool. You shall get a kind of light gray. Add a new layer filled with this color just above your base image.
[image 4]

comm: Pass this layer into split mode. Your white balance is ok.
[image 5]

comm: withdraw a color sample in the black part of the charter (red circle) with the eyedropper tool. You get a kind of dark gray. Add a new layer filled with this color over the two others.
[image 6]

comm: Pass this layer into overlay mode and reduce its opacity to 50% (check the result all the same).
[image 7]

You have now to ensure about the horizontality of your image that you'll eventually trim to its limits.

Your image is now as good as possible.

You'll just have to adjust its size and saving format according to the needs of your printer and/or your print worker !

One can, of course, refine the balance of colors, correct a dominant one, etc. but anyone that has tried this already, knows that the image on your screen is NEVER a 100% concordant with the one you just printed. Thus, it is only by looking at a drawing whose ink is really dry, that one can expect to achieve the finest correction.

jeudi 3 mars 2016

Comment «revenir à l'idée»

La partie supérieure gauche et l'avant plan sont surtravaillés et
mal structurés simultanément
L'exécution spontanée d'une ou plusieurs étapes dans l'évolution d'un tableau peut parfois amener des débordements ou/et des excès. 
On ne les voit pas tout de suite, ou on n'est pas prêt de les modifier pour diverses raisons pouvant aller de la fatigue à l'ignorance des moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir. Parfois, ce n'est qu'avec le temps que l'on peut voir un défaut apparu très progressivement, insensiblement.
Et un jour, on voit !
Que faire ? Pour moi, l'idéal est de pouvoir revenir à l'idée première.
Comment ? 
Deux solutions fonctionnent très bien pour moi, bien qu'elles soient parfois un peu brutale. Elles demandent donc un peu de courage et de «lâcher prise».

Première solution 

Une nouvelle structure de base est à nouveau disponible pour
des reprises colorées
On peut mettre un voile blanc plus ou moins translucide
(+) On aténue plus ou moins les défauts tout en conservant ce qui est acceptable ;
(-) On refroidit toutes les couleurs sous-jacentes.

Seconde solution

On lave la surface avec de l'eau, en frottant avec une éponge, un pinceau, un chiffon, ou tout ce qui semble convenir.
(+) On conserve -un peu- les teintes qui ne font que diminuer d'intensité ;
(-) On est parfois moins précis, il faut donc bien gérer les surprises.

Troisième solution

Utiliser les deux premières solutions à des degrés divers.  Ce que j'ai fait aujourd'hui !

L'avantage de ces deux moyens de correction est qu'ils autorisent les aléas d'une créativité vivante.

Et voici la version anglaise de Christina

Here is the english translation by Christina :

How to "go back to the idea"

The spontaneous performance of one or more stages in the evolution of a picture may sometimes cause overflows or / and excess.
We do not see them right away, or we are not ready to change them for various reasons ranging from fatigue to ignorance of the means to achieve this. Sometimes it is only with time that one can see a flaw appearing very gradually, imperceptibly.
And one day, you see !
What to do ? For me, the ideal is to go back to the first idea.
How ?
Both following solutions work well for me, although sometimes a bit roughly. So they require some courage and ability to "let go."

[Image: The top left and foreground are overworked and
poorly structured simultaneously]

first solution

You can put a white veil more or less translucent
(+) It more or less attenuates the defects while retaining what is acceptable;
(-) It cools up all the underlying colors.

second solution

Wash the surface with water, scrubbing with a sponge, a brush, cloth, or whatever seems appropriate.
(+) One preserves - a little - hues which only diminish in intensity;
(-) It is sometimes less precise, so you have to manage the upcoming surprises.

[Image: A new base structure is again available
colorful occasions]

third solution

Use the first two solutions to various degrees. What I did today!

The advantage of these two correction means is that they allow the hazards of life creativity.

mardi 5 janvier 2016

les «maîtres»

Un saut de puce à Paris, l'occasion pour Christina et moi d'aller voir la collection Hahnloser au Musée Marmottan.
Les Hahnloser sont des mécènes et collectionneurs suisses. Les impressionnistes, post-impressionnistes et quelques autres. Des toiles du vingtième siècle, dont la collection voyage ces-temps-ci de par le monde, faute de pouvoir être exposée à la Villa Flora, demeure familiale à Winterthur. Après Berlin, Paris, donc.
Cela a-t-il un sens pour un artiste, au 21ème siècle, de regarder, voire étudier, des oeuvres faites avant même sa naissance ? Ces tableaux sont-ils des  pierres tombales des musées -cimetières de l'art, comme les appellent parfois nos contemporains ?

Pour ma part, ces oeuvres sont des objets humains, porteurs de beauté, souvent, de sens, parfois, d'un état d'esprit, toujours. Ce sont donc des témoins spirituels et matériels de leur espace-temps. Je les contemple au même titre et avec la même joie que des peintures d'aujourd'hui, des fresques préhistoriques, des galaxies caressées par les comètes, ou un coucher de soleil réchauffant notre pollution...


Les «maîtres» ont toujours été soit vénérés soit conspués, selon que l'époque ait besoin de racine ou d'évlution.
Alors oui, contrairement à l'air qui tourne à vide dans l'atmosphère de mon temps j'ai envie de revisiter «les Maîtres», toutes époques confondues : Rubens, de la Tour, Turner, Bonnard et tous ceux qui pourraient croiser mon chemin au détour d'une cimaise. Ces gens-là connaissaient leur métier et peuvent donc beaucoup m'apprendre et je me plais beaucoup à croiser leur esprit qui, en son temps, me donnera une impulsion  créatrice et un fondement humain.
Un artiste minimaliste contemporain ?  un maître zen ?
simplement J.M.W. Turner, Boats at sea, 1830

A contemporary minimalist artist? a Zen master?
simply J.M.W. Turner, Boats at sea, 1830






Une petite traduction pour nos amis anglophones :
Christina à l'oeuvre...
A small translation for our English speaking friends:
Christina at work ...

English résumé

A short hop to Paris, the opportunity for Christina and me to go there to see the Hahnloser's collection at the Marmottan museum.
The Hahnloser are Swiss patrons and collectors. They collected the Impressionists, Post-Impressionists and some others. Paintings of the twentieth century. For the time being, the entire collection travels through the world, unable as it is to settle at the Villa Flora, in Winterthur, its family home. After Berlin, Paris, then.

Does it make sense for an artist of the 21st century, to watch or study, works anterior to his birth ? Are these pictures some sort of gravestones, placed in our art cemetary the so-called museums by some of our contemporaries ?

For me, these works are human objects, carriers of beauty, often, of sense, sometimes, of state of mind and spirit, always. They are spiritual and material witnesses of their time and space. I contemplate them with the same joy and respect than paintings of nowadays, prehistoric frescoes, galaxies lapped by comets or a sunset warming up our pollution…

"Masters" have always been either revered or reviled, depending on whether the time needs root or évolution.
So yes, unlike the air spinning in the hollow atmosphere of my time I want to revisit the "Masters" of all times : Rubens, de la Tour, Turner, Bonnard and some others who could meet my path turning a chair rail. These guys know their stuff and can teach me so much and I like the idea to cross their mind that, in its time, will give me a creative impulse and a human basis.

vendredi 18 décembre 2015

la matière psychopompe

Je travaille depuis quelque temps sur ce tableau    - invitation [lisière-edge] 02.
invitation lisière 02
J’ai le bonheur de peindre quelques heures chaque jour. C’est l’une de mes activités les plus équilibrantes. J’ai atteint hier ce moment très spécial où je sens que cette aventure particulière qu’est l’élaboration d’une image arrive à son second point culminant – l’interruption du processus créatif pour cause d’achèvement probable. Le troisième temps fort sera la transmission du tableau à un dépositaire.
Mais qu’en est-il du premier temps fort : celui où la concrétion de l’esprit est tellement puissante qu’elle met le peintre en route sur une nouvelle œuvre et l’accompagne durant tout le processus créatif ?
Hier, disais-je plus haut, je regardais mon travail lorsque l’évidence d’une réminiscence m’est apparue : tout un pan du tableau trouvait écho dans une œuvre que je connaissais bien, l’ayant vue à quelques reprises depuis une vingtaine d’années.
J.M.W. Turner
La déesse de la discorde
choisissant la pomme de contention
dans le jardin des Hespérides
exposé en 1806
Cela ne m’a pas choqué. Je sais que ma pensée a des racines culturelles. Je ne revendique aucune capacité divine de création « originale » dans le sens courant de « originel ». De plus, j’aime énormément Turner qui, lui aussi, s’inspirait ouvertement des courants artistiques auxquels il savait appartenir.
L’autre aspect, qui m’est apparu évident et intéressant, de mon image – maintenant que j’avais pris un peu de recul vis-à-vis d’elle –, est qu’elle se composait d’éléments qui faisaient partie de mes réflexions actuelles : menaces de daech et dérèglement climatique terrestre, ainsi que mes propres capacités d’action quant à ces deux problèmes.
« Arte » et « poiête » signifient en latin et grec « concrétiser, matérialiser, fabriquer ». L’artiste et le poète fabriquent, matérialisent et concrétisent. C’est leur essence, leur rôle, leur finalité. Mais sur quel motif ?
Je pense qu’il s’agit de se rendre complètement perméable à son existence propre et à son contexte vital, usant de toute ses sensibilités, et de les exprimer de manière à les transmettre intelligiblement au sens spirituel du terme. Il s’agit de s’adresser essentiellement à l’esprit de tout individu, à commencer par soi-même, pour animer son existence. L’esprit étant ce qui soutient l’individu dans son action.
Le psychopompe, selon la définition acceptable de Wikipédia, est l’être fantastique, mythique, qui conduit l’âme vers son ultime destination, quelle qu’elle soit.
Hormis l’aspect « ultime », sait-on jamais quelle sera notre dernière décision ? l'artiste-poète est bien celui qui, par l’énergie induite de son œuvre, conditionnera et animera le présent de celui qui la reçoit.
Ne serait-ce pas là une définition acceptable ? Je la préfère à celle qui voudrait qu’un artiste est celui qui vend ses œuvres (ce qui réduirait Vincent à n’être qu’un raté et élèverait Christie ou Sotheby au rang de génies artistiques. Rire.
Ceci étant posé, je me rends compte, intuitivement, qu’il y a une distance très courte entre un psychopompe et un propagandiste : l’intention. Le psychopompe agit en révélateur de la personne qui reçoit l’œuvre, puisqu’elle a besoin de son propre esprit pour « compléter » l’œuvre, lui donner un sens acceptable pour elle ; le propagandiste, quant à lui, cherche à enclore l’esprit dans une pensée unique, unifiée, selon les critères intéressés d’une tierce personne. Une toute petite nuance…
L’artiste pour éviter cet écueil doit donc s’adresser à lui, en une recherche intérieure. Son travail trouvera écho, ou non, selon qu’il sera en adéquation ou en décalage avec ses contemporains, ici, maintenant, ailleurs, plus tard.
C’est sans doute ce qui fait la véritable histoire de l’art.
Merci de votre attention.

Voici maintenant, pour nos amis anglophones, la version de Christina :
And here is the English version of Christina :

English Résumé

Title: The psychopomp (guide of souls) material
I work for some time on this picture -Invitation edge-edge 02.
invitation edge 02
I have the happiness to paint a few hours each day. It is one of my most balancing activities. I attained yesterday the very special time when I feel that this particular adventure, such as the development of an image, reaches its second climax – the interruption of the creative process because of probable completion. The third highlight will be the transmission of the painting to a custodian.
But what about the high point : where the concretion of the mind is so powerful that it sets the artist en route on a new composition and stimulates him during the entire creative process?
Yesterday, as I said earlier, I looked at my work when the evidence of a reminiscence appeared to me : an entire section of my picture was echoed in a work that I knew quite well, having seen it a few times over the last twenty year.
J.M.W. Turner 
The Goddess of Discord
Choosing the Apple of Contention
in the Garden of the Hesperides
exhibited 1806

I was not shocked. I know that my thoughts have cultural roots. I do not claim any divine capacity of "original" creation in the current meaning of "original". Again, I absolutely love Turner, who , too, was openly inspired by art movements which he knew to belong.
The other aspect, that became clear and interesting to me, of my image - now that I had taken some distance, is that it consisted of elements that were part of my current reflections : daech threats and terrestrial climate disruption, as well as my own (in)capacity for action facing both issues.
"Arte" and "poiête" mean in Latin and Greek "concretize, materialize, making". The artist and the poet manufacture, concretize and materialize. Its their essence, their role, their purpose. But on what grounds ?
I think one must render itself totally permeable to its own existence and vital context, using all his sensibilities, and expressing them in an intelligible and spiritual way. It is a question of addressing essentially to the mind of each human being, starting with oneself, to animate his existence. The spirit being what sustains the individual in his action.
The psychopomp, according to the acceptable definition of Wikipedia, is the fantastic, mythical being, which leads the soul to its ultimate destination, whatever that is.
Apart from the "ultimate" aspect, who knows what will be our last decision ? the artist-poet is the one who, through the induced energy of his work, will condition and animate the present of the one who will receive it.
Would this not be an acceptable definition ? I prefer it to the one pretending that the «real» artist is the one who sells his works (which would reduce Van Gogh to a looser and raise Christie or Sotheby the rank of artistic geniuses). Laugh.
That said, I realize, intuitively, that there is a very short distance between a psychopomp and propagandist : the intention. The psychopomp acts as revealer of the person receiving the work, since he needs his own mind to "complete" the work, give it an acceptable meaning; the propagandist, as for him, seeks to enclose the spirit in an unique thought, unified under the criteria of an interested third party. A tiny nuance...
The artist to avoid this pitfall must address him in an inner search. His work will resonate, or not, wherever it will be compatible or alien to the mindset of his contemporaries, here, now, elsewhere, later.
This is probably what makes the true history of art.
Thanks for your attention.

samedi 5 décembre 2015

Logique et bio

Produire des œufs au XXIe siècle est-il plus ou moins naturel que de fabriquer du méthylcellulose à partir de sciure de bois ?
Utiliser une tempera à l’œuf - lorsqu’on n’a pas de poule pondeuse - est-il plus biologique que de faire une tempera au méthylcellulose ?
La réponse est devenue si peu évidente que j’en viens presque à espérer que les essais au méthylcellulose fonctionneront au moins suffisamment bien pour que je puisse encoller mes bleus et mes blancs avec lui plutôt qu’au jaune d’œuf (qui altère toujours légèrement la couleur).
Autre problème. Lorsque l’on travaille a la tempera, il arrive qu’il soit nécessaire d’obtenir une couche irréversible, autrement dit insoluble à l’eau. Pour ce faire, on recommande habituellement un ajout de vernis Dammar. Sachant qu’il était produit en monoculture intensive, je m’étais toujours abstenu de l’utiliser.
gomme de prunus, Capaplex, résine Dammar
Mais puisqu’il existe désormais en culture “responsable”, alors je me ferai une joie d’y avoir recours, au vu des réelles difficultés liées à l’obtention et à l’utilisation de la gomme de prunus, qui demande de toute façon un traitement chimique pour devenir insoluble (albumine + formol, ev. alcool).
Enfin, il existe depuis des décennies un liant vinylique, utilisable en phase aqueuse, et qui devient irréversible après séchage : Caparol et Capaplex.
Pourquoi pas ?
Je décide de faire l’essai : je me procure de la résine Dammar, du méthylcellulose, et également du Capaplex, qui est (en gros) du Caparol dilué, protégé par des agents bactéricides (le Caparol est aussi sensible que le jaune d’œuf !).

En utilisant judicieusement ces trois produits, je devrais réussir à obtenir des couches faciles à travailler et des couleurs proches des pigments que j’utilise.

méthylcellulose : mélange à la main et au batteur électrique
Le méthylcellulose semble peu évident à mettre en œuvre : il absorbe jusqu’à 25x son volume d’eau et ceci très rapidement ! Il faut donc trouver le meilleur moyen de mélanger la poudre et l’eau… mais il semble qu’un peu de patience sera la solution (il est recommandé de laisser reposer la préparation quelques heures avant l’emploi).
Quant à la résine Dammar, les recettes ne manquent pas. J’utiliserai l’essence de thérébentine à 2 volumes pour 1 de résine broyée, ce qui permettra une utilisation la plus large possible (additif et vernis).
Voilà, c’est tout pour ce petit article purement technique cette fois-ci !

 Et voici la version anglaise de Christina :
And here is the English version of Christina :

English Résumé

Producing eggs in the twenty-first century is it more or less natural than manufacturing methylcellulose from sawdust?
Using egg tempera – when one does not raise hens- is it more biological than making a tempera using methylcellulose ?
The answer is so unreliable, I almost came to the hope that the test with the methylcellulose will function at least well enough for me to glue my blue and my white with it rather than with the egg yolk (which still produces slight change of colors).
Another problem. When working with tempera, it is sometimes necessary to acquire an irreversible layer, insoluble in water. To do this, an addition of dammar varnish is usually recommended. Knowing it was produced in intensive monoculture, I always refrained from using it. But since it is now obtainable in "responsible" culture, I'd be happy to recourse to it in view of all the difficulties associated with the obtention and use of gum prunus, which requires anyway a chemical treatment in order to become insoluble (albumin + formalin, ev. alcohol).
Thus, for decades, a vinylique binder does exist which is used during the aqueous phase, and becomes irreversible after drying : Caparol and Capaplex.
Why not ?
I decide to experiment it : I acquire some dammar resin, some methyl cellulose, as well as some Capaplex, which is basically the Caparol diluted and protected by bactericidal agents (the Caparol being as sensitive as egg yolk !).

By efficiently working these three products, I should get layers easy to work with and colors close to the pigments I use.

Methylcellulose does not seems obvious to implement: it absorbs up to 25x its volume of water and this very quickly !  I must find the best way to mix the powder and the water… but it soon appear that a little patience will be the solution (it is recommended to leave the preparation to stand a few hours before use).
As for the dammar resin, recipes abound. I will use turpentine for 1 to 2 volumes of ground resin, allowing the widest possible use (additive and varnish).
There, that's it for this small article purely technical this time !

dimanche 29 novembre 2015

Simple et libre

La seule vraie difficulté en peinture est d’être simplement libre et librement simple.
Miroir  tempera sur papier 32x20cm
Ce n’est pas un jeu de mots.
 Je veux juste dire que parmi le fouillis indescriptible de tous les conditionnements que j’ai acquis au long de mon existence, trouver un chemin de liberté est une vraie difficulté. Ma liberté est difficile à définir.
 D’autre part, faire vœu de simplicité est une bien belle direction à prendre pour cheminer. Mais si, d’aventure, je ressens un besoin de faire de la dentelle, pourquoi devrais-je m’en priver ?
 L’expression artistique demeure pour moi une tentative d’expression, de communication et d’esthétique. Cela implique de pouvoir évoluer dans un contexte libre, peut-être simple, en tous les cas et surtout serein.
 C’est ainsi que pour pouvoir faire le point sur mes outils d’expression, l’autoportrait demeure pour moi le véritable exercice d’authenticité :
  • modèle toujours disponible
  • modèle indifférent à toute considération narcissique
  • peintre libre de prendre son temps et de jouer avec son tableau.

kiss  [Keep It Simple & Short]

​Pour nos amis anglophones, une libre et simple et excellente traduction de Christina.
For our English speaking friends, a free, easy and excellent translation from Christina.
Au commencement ...

English résumé

The only real difficulty in painting is to just be simply free and freely simple.
This is no wordplay.
 I just want to say that among the indescribable jumble of all the conditioning that I have acquired throughout my existence, finding a free path is a real problem. My freedom is difficult to define.
 On the other hand, making vow of simplicity is a beautiful way of wandering. But if, by chance, I feel a need to privilege subtlety, why should I do without it?
 Artistic exteriorisation remains for me an attempt of expression, communication and aesthetics demonstration. This implies to evolve in a free context, perhaps simple, in any cases and above all serene.
 Thus, in order to be able to update my means of expression, self-portrait remains for me the true exercise of authenticity:
  • The model (me) is always available
  • This particular model (me) remains free from any narcissistic consideration
  • The artist (me) is welcome to take his time and play with his own production.
kiss [Keep It Simple & Short]

mardi 24 novembre 2015

Jamais plus jamais

Voici pour clore ma réflexion – évaluation de mes rapports avec le dessin et la peinture.
La laitière [the milkmaid]
graphite sur papier, 28x21cm
Dans cet exemple de la laitière, les nuances entre un dessin très plein (relativement peu graphique) et une peinture tout en rapport de surfaces sont évidentes. Si le sujet semble le même, la différence des traitements picturaux leur donne à chacun un état d’esprit radicalement différent. On peut d’ailleurs préférer l’un ou l’autre selon sa propre humeur ou selon l’usage que l’on désire en faire. On peut aussi les présenter en complément l’un de l’autre – en pendant, le dynamisme et la “rusticité”du dessin offrant son énergie vitale à la douceur presque nostalgique.
Quant à l’artiste, si j’ai eu du plaisir lors des deux réalisations, j’admets mieux me reconnaître dans la version au graphite que dans celle à la tempera. J’ai traité le dessin comme une peinture, utilisant des blocs plutôt que des crayons, mais surtout, j’ai pu y déployer mon énergie avec une plus grande spontanéité. Pourquoi ? Je l’ignore. C’est un simple constat.
Ce qui me paraît de plus en plus avéré, c’est qu’une image m’apparaît de plus en plus pour elle-même, hors de toute considération technique ou stylistique.
Dessin ou peinture ? Qu’importe, il faut que ça sorte, que le plaisir l’emporte !  « kiss »

Pour nos amis anglophones, voici la version de Christina :

English Résumé

Never Say Never
Here is to end my reflection – an evaluation of my relationship between drawing and painting.
La laitière [the milkmaid]
tempera sur Arches, 41x31cm [egg tempera]
In this example of the milkmaid, shades between a plain drawing (with relatively few graphism) and a painting all in surfaces reports are obvious. If the subject seems the same, the difference of the pictorial treatment gives each one of them a radically different mindset. One can however prefer one or the other, according to one’s mood or to the wished use. One can also present each one of them as a complement to the other – vis-à-vis, the dynamism and the "rusticity" of the design offering its vital energy to the almost nostalgic sweetness.
As for the artist, if I had fun at both achievements, I must admit that I recognise myself better in the graphite version than the tempera one. I treated the drawing as a painting, using blocks instead of pencils, but most of all, I was able to deploy my energy with greater spontaneity. What for ? I don’t know. It’s a simple fact.
What seems increasingly proved is that a picture appears to me more and more as herself, outside of any technical or stylistic consideration.
Drawing or painting ? Whatever… just make sure that the fun wins !  "kiss"